Partager l'article ! Et si nous entrions ...: D’une simple pensée ce matin, entre sommeil et éveil, tu m’as demandé de t’emmener ...
D’une simple pensée ce matin, entre sommeil et éveil, tu m’as demandé de t’emmener vers un lieu arboré où mille fleurs s’épanouissent. Nous y voilà parvenues. Ouvre les yeux ! Fais appel à tous tes sens et suis-moi. Te voilà devant une lourde porte de bois massif. Elle est la seule entrée qui nous permette de franchir l’enceinte de cet imposant mur grisonnant, peuplé de mousses et de nombreux insectes habitants, qui ne laisse voir que les frondaisons des marronniers. Regarde-les ! Tu vois les nuances de verts qui offrent leur tendresse au doux soleil de printemps ? Oui je sais ! Ma question te surprend. Mais cesse de me regarder et jette sur eux un léger coup d’œil maintenant. Tu vois ils ont revêtu leurs costumes d’automne et les verts ont laissé la place aux rougeoyantes couleurs. Je sais tu n’en crois pas tes yeux. Surprenant non ? Et bien viens maintenant donne moi la main et oublie tout ce que tu sais, accueille sans a priori.
Je glisse délicatement ma main le long du pilier droit du portail, j’y trouve le léger interstice où se cache la clé de ce royaume. Elle n’est qu’une simple et vulgaire clé, mais maniée avec délicatesse elle est la clé des songes. Vois ! J’aime ton regard émerveillé lorsque tu découvres une fois la porte refermée cette propriété magnifique où les essences s’épanouissent parfois en fourrés ou bien en massif. Où, à chaque regard, tu découvres un détail qui auparavant t’avait échappé. Tiens ! Regarde l’écureuil, vers quel arbre vas t il nous mener ? Noisetier, Noyer ? Suivons-le, tu veux ? Il semble nous attendre. Il ? Elle ! Elle bat des cils ! Tu es tellement belle lorsque tu es éberluée.
Tu ne la perds pas des yeux et tu en oublies les beautés qui t’entourent comme cette double haie de laurier rose qui comme une étole nous enveloppe. A ses pieds des impatiens, du rose le plus tendre au fuchsia le plus vif, nous créent une allée que des petits cailloux blancs précisent harmonieusement. Et si tu lèves la tête, les érables ont remplacé les marronniers.
Mademoiselle Ecureuil, elle a décidé de t’emmener en son fief à l’ombre des arbres offrant des fruits à coques. Sur un banc de pierre, que la mousse entoure, elle t’attend sagement. Assieds toi et regarde maintenant le joli gazon anglais qui t’offre une vaste étendue bordée de bambous et roseaux entrelacés autour d’une pièce d’eau où des cygnes paradent amoureusement faisant de leurs cous un cœur .
Je sais, je sais, tu m’avais demandé des fleurs mais je ne suis pas à l’abri des facéties de Mlle Ecureuil. Je vais essayer de voir ce que je peux faire. Tu vois cette vive lumière qui tout à coup nous est apparue, tel un éblouissement qui nous oblige à détourner les yeux. Allons en sa direction.
A chaque pas des pâquerettes pointent leur bout de leur nez dans le gazon anglais et si nous nous attardons des trèfles rouges leur tiennent compagnie. Autour de la pièce d’eau des iris multicolores ont mis dehors les bambous mais les roseaux ont campé farouchement et n’ont pas cédé leur place. Curieux jardin que celui-ci ! Attendons de voir quelles surprises il nous réserve encore. Mais je crois que tu as compris, non ? Pense à une fleur ! Des Tournesols ! Regarde ! Regarde le sublime massif où les cannes de bambous servent de support aux majestueux tournesols ! Des marguerites aux couleurs chaudes tapissent le sol. Il y a ici tant de fleurs que je ne sais les reconnaître.
Essaye encore ! Du Lilas ! Des multitudes de lilas odorants et multicolores nous éloignent de la prairie désormais fleurie. Du plus pur blanc au plus intense violet en passant par celui-ci, si singulier, à la limite de la lie de vin. Tiens à leur racine se sont installées de drôles de fleurs violines qui s’épanouissent en pompons au bout d’une tige qui pourtant semble si fragile.
Tu crois que si je pense à une couleur simplement ça marche aussi ? Je ne sais quoi te répondre. Mais à l’évidence tu as du penser Bleu parce même les petits cailloux blancs ont pris une légère teinte bleutée. Elle n’est que le reflet de toutes les essences qui bordent l’allée sur laquelle nous continuons à avancer. Eucalyptus, hortensias, myosotis, lys et même rosiers tout à coup bleuissent ce jardin enchanté.
Mais j’ai à peine l’occasion d’essayer de toutes les reconnaître que tu as pensé Rose, rien que pour moi, et c’est émue et les yeux humides qu’après la pergola je mets les pieds dans une magnifique roseraie où les variétés anciennes et la finesse de leur pétales me charment encore une fois. J’aurais pu rester ici des heures mais je sais ta curiosité pour les espèces exotiques.
D’une pensée …Mais tient que font elles là en petits bouquets au pied d’une immense serre. Nous voilà arrivées dans le domaine des oiseaux de paradis. Je suis abasourdie par les collections de plantes totalement méconnues qui s’offrent à ma vue. Et toi-même tu ne sais plus où donner de la tête. C’est aussi peut être à cause des odeurs fortes que dégagent les carnivores.
Maintenant que dirais tu de sortir un peu et d’aller courir dans un champ de coquelicots ? Et si quelques grains de blés se trouvent au réveil sur ton oreiller …Nous n’aurons plus à chercher pourquoi ce jardin nous a semblé extraordinaire
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