Partager l'article ! Marionnettes, douces marionnettes: Le soleil à son apogée éclaire la ruelle. Au milieu des touristiques commerces vivote une petite échoppe. ...
Le soleil à son apogée éclaire la ruelle. Au milieu des touristiques commerces vivote une petite échoppe. L’étal composé par un cadre de bois et d’une vitre de verre recouverte d’un lourd drap noir offre aux regards émerveillés de drôles de poupées. A y regarder de plus près, il s’agit de marionnettes originales. Certaines sont faites de vulgaires chiffons et leurs haillons racontent leur histoire .D’autres sont vêtues de riches velours ou de solides cotonnades. Celle qui garde ma préférence reste cette fée majestueuse qui de ses ailes d’organdi irisé m’ébloui. Elle a de courts cheveux blonds comme des fils d’or. Son visage de porcelaine lui offre des traits mutins. Peut être une cousine de la célèbre fée Clochette ? Allez viens ! Entrons et découvrons ce qu'aurait pu être l’antre de Geppetto.
Nous descendons trois marches et le vétuste plancher nous accueille de nombres de grincements. Des portants en chêne clair accueillent, comme une penderie pourrait le faire, des personnages surprenants. Imagine les penderies d’un dressing. Tu sais, sur plusieurs hauteurs. Ici les chemises sont remplacées par de somptueuses œuvres d’art, mises en valeur par des jeux d’éclairage correspondant à chaque univers et leurs personnages. Ici l’imaginaire est roi et si tu t’arrêtes sur le continent asiatique et ses dragons, moi je rentre en féérie et me délecte des fées, nains, gnomes et trolls, farfadets et lutins. Le silence n’est plus lorsque notre ouïe fine entend la subtile musique qu’accompagne cet univers d’enchantement. Combien de temps sommes nous restées en admiration devant ces chef d’œuvres ? Assez certainement pour que le maître des lieux toussote gentiment et nous fasse sursauter. Il ne ressemble que peu à Geppetto mais ces petites lunettes rondes lui confèrent une certaine filiation avec le tendre marionnettiste.
D’une voix presque inaudible il nous propose de visiter son atelier. Intimidées et émues nous le suivons et derrière la vieille porte aux carreaux recouverts d’un papier huilé rouge, nous découvrons l’envers du décor un atelier d’artiste, dans une immense véranda habillée de stores de bois, qui lui permettent de jouer avec la lumière selon les nécessité de ses travaux. Chaque secteur est destiné à une activité. Sur notre gauche l’établi et tous les outils accrochés au mur à portée de mains. Je n’ai jamais vu autant de ciseaux, de rabots et de minuscules vrilles. Ensuite, sur des étagères, des visages de porcelaine sans vie laisse une drôle de sensation. Mais un visage poupin en cours de finition nous fait découvrir les superbes nuanciers de peintures qui illuminent l’endroit. Nous avons presque effectué le tour de la véranda octogonale, quand de gros rouleaux de tissus nous mettent en émoi, quelle diversité ! Les ciseaux spéciaux cranteurs, ou pas, font face à leur amis de l’autre mur et pour finir la table d’assemblage et ces nombreuses ficelles et cordages. Un paradis pour nous éternelles petites filles face à ces merveilleuses poupées à qui nous rêvons, de quelques mouvements, de donner vie. Léonardo au milieu de la pièce a dressé une table de bistrot et de hauts tabourets pour permettre aux visiteurs privilégiés de savourer selon les saisons boissons chaudes ou froides, sucreries et biscuits "faits maison". Nous serions restées là des heures à écouter Léonardo. Mais le soleil était maintenant beaucoup plus bas et il nous fallait rentrer.
Je vous donnerai bien volontiers l’adresse de Léonardo, mais vous ne serez plus jamais les mêmes lorsque lors de votre prochaine visite, vous découvrirez que pour vous il a confectionné votre propre marionnette.
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